Baisser de rideau
U-topos
Dans le tumulte ambiant fait de cartons, de coups de téléphone, de trajets, de travail et de travaux, mon regard a failli ne pas accrocher la fenêtre tant il avait envie d'atteindre le lit. C'est la chaleur de la pièce qui m'a poussé à aller y respirer l'air frais.
Finalement, je suis resté vingt bonnes minutes à scruter la nuit toulousaine. Dans moins de deux semaines, cette vue ne sera qu'un souvenir, et quelques photos. En plein dans l'axe, au-delà de la rue et des toits bas, scintillent les baies rougeoyantes de l'église des Jacobins, puis défilent le dôme de la Grave, le clocheton incongru du donjon du Capitole et plus loin vers la gauche, au sud-ouest, le toit arrondi du TNT ; en fond, les Pyrénées quand l'air est clair, quelques jours par an ; plus à gauche, plein sud, l'église Saint-Aubin ; juste derrière elle le très laid building de la CAF (mais dans cinquante ans ce sera beau, si c'est encore là) et au fond les lumières de la colline de Pech David. À part quelques bruits de circulation, la ville est calme, les fenêtres éteintes et les rues figées dans un bain de sodium sépia.
J'aurais bien tenté quelques photos de plus mais le zoom est parti tout à l'heure dans un carton déjà rangé.
Je ne suis pas plus prêt à partir ou à emménager — pas encore de sol, pas encore de salle de bain, pas encore d'eau chaude — qu'à rester plus longtemps ici.
Bah.
Le happy end ne vaut le coup que si le héros en a méchamment chié avant. Et le public ne doit pas le voir venir. Il s'y attend juste par coutume, même quand rien ne semble gagné.
Commentaires
19 juin
2008
Ceux sont des petits moments comme ca dont on jouit chaque seconde, qui valent de l'or.
Heureux l'homme qui sait les saisir de temps en temps !
RR